Quand votre nœud Tor décide de courir un marathon sans votre accord
Le monde merveilleux des bénévoles de Tor se heurte à des flux de données qui s'affolent sans prévenir. Un vrai régal pour les statisticiens du dimanche.

Ah, les joies de l'hébergement de relais bénévoles sur le réseau Tor ! C'est un peu comme prêter sa tondeuse à gazon à la communauté internationale, sauf que parfois, la tondeuse se met à courir le 100 mètres haies toute seule en hurlant à la mort. Un opérateur passionné l'a récemment découvert à ses dépens en comparant deux petites machines parfaitement similaires. Sur l'une d'elles, les flux de type BEGIN_DIR se sont mis à pleuvoir par milliers, transformant le processeur en radiateur pour studio parisien et faisant exploser le trafic sortant de manière fort peu coopérative.
La situation a de quoi laisser perplexe. L'anomalie se déplace mystérieusement d'une machine à l'autre comme un rhume attrapé dans le métro, provoquant des pics soudains suivis de calmes trompeurs. L'heure de pointe locale ne prévient pas : en l'espace de quelques secondes, le nombre de circuits ouverts grimpe en flèche tandis que le processeur s'étouffe galamment à 130% de ses capacités. Même une mise à jour en bonne et due forme et un redémarrage en règle n'ont pas suffi à ramener la bête à la raison, obligeant l'heureux propriétaire à brider drastiquement la bande passante de son installation.
Heureusement, la communauté veille au grain avec ce mélange unique de flegme technique et d'acharnement méthodique qui caractérise les administrateurs système. Entre deux mesures relevées à la milliseconde près, on discute de l'évolution de ce comportement erratique qui dure parfois plus de douze heures d'affilée. De quoi méditer longuement sur la philosophie profonde du réseau décentralisé, où l'on fournit de l'espace disque et de la bande passante pour le bien de l'humanité, tout en espérant secrètement que sa propre machine ne finira pas par imploser un mardi après-midi.


