Radar.squat.net : le site qui recense les squats comme un recueil d’erreurs
Radar.squat.net est un annuaire collaboratif de squats mondiaux, conçu comme un outil de maintenance collective. Il permet de signaler les groupes inactifs, les erreurs ou les liens obsolètes, comme un registre vivant des alternatives urbaines.

Dans l’écosystème des alternatives urbaines, les squats sont souvent des lieux éphémères, nés d’une urgence et disparaissant aussi vite qu’ils apparaissent. C’est pour tenter de cartographier ces pousses sauvages de l’habitat que le site radar.squat.net a été créé : un annuaire mondial, multilingue, géré par une communauté de modérateurs régionaux.
Ce qui rend le site particulièrement curieux, c’est son interface de « correction ». Oui, unformulaire de signalement conçu comme un outil de maintenance archivistique. Il faut y signaler qu’un groupe n’est plus actif, que ses informations sont fausses, ou qu’il organise plus d’événements que ceux listés. On peut aussi proposer d’ajouter un lien vers le site officiel du squat, ou de le rattacher à une liste de référence comme « Stressfaktor ».
Le site fonctionne comme une mémoire collective en temps réel : un mélange de wiki, de registre administratif et de cartographie sociale. Il est hébergé par squat.net, construit avec Drupal, et géré par la communauté. L’interface est sobre, presque administrative, ce qui donne une impression étrange : on aurait dit un outil de gestion publique pour des espaces illégaux, alors que le projet est entièrement légal, transparent et documenté.
C’est cette juxtaposition — le sérieux bureaucratique appliqué à des lieux d’exception — qui fait le charme du site. Il ne s’agit pas d’un outil de revendication politique, mais d’un observatoire : un radar qui scanne les squats comme un astronome scrute les nébuleuses. Et comme tout observatoire, il doit être corrigé, mis à jour, parfois déclaré obsolète.
Dans un monde où les alternatives urbaines naissent et s’éteignent en quelques mois, radar.squat.net est une tentative désespérée et poétique de ne pas les oublier. Même si certains groupes n’existent plus, leur trace reste, en attente d’une correction.


