Retour vers le futur : la Mini-DebConf Paris de 2010 figée sur l'oignon
Le Courrier de l'Oignon a retrouvé une capsule temporelle numérique tout droit sortie de l'année 2010. Elle annonce la fermeture urgente des inscriptions pour une conférence Debian déjà passée depuis belle lurette.

C'est une charmante capsule temporelle que nous offre le réseau Tor, témoin d'une époque où les téléphones portables prenaient encore des photos floues et où l'on venait tout juste d'inventer le feu. Le site web de la Mini-DebConf Paris, édition 2010, s'est mystérisé sur l'oignon dans un état de fraîcheur presque insolent. Les organisateurs y annonçaient avec ferveur l'événement prévu les 30 et 31 octobre 2010 à l'Université Paris Diderot, conviant développeurs et passionnés du système d'exploitation le plus carré de l'univers.
La page web, qui sent bon le design de site institutionnel de la fin des années 2000 avec ses bannières sobres et ses polices d'une neutralité exemplaire, affiche encore aujourd'hui un message d'urgence absolue. On y apprend en effet, avec une pointe d'émotion rétrospective, que les inscriptions ont dû être fermées en toute hâte face au « nombre énorme de personnes intéressées ». Les fans de logiciels libres se bousculaient donc aux portes du 13e arrondissement parisien pour parler paquets, correctifs et liberté numérique.
Pour les retardataires qui cherchaient à s'incruster, le site proposait même une option de logement collaboratif via un wiki, ancêtre bienveillant des plateformes modernes de partage de canapés. On y trouvait également toutes les indications pratiques pour arriver en métro ou en bus sans encombre. L'ensemble baigne dans cette atmosphère communautaire si caractéristique des débuts du projet Debian en France, bien avant que la fibre optique ne devienne la norme et que nos ordinateurs ne décident de faire des mises à jour au plus mauvais moment.
Évidemment, inutile de tenter de pointer votre navigateur vers la station de métro Chevaleret pour assister aux conférences ou de réclamer une place sur un canapé parisien : l'événement a eu lieu il y a plus d'une décennie. Mais cette trouvaille nous rappelle que le Web conserve parfois, enfoui dans ses recoins les plus cryptés, des morceaux d'histoire inoffensifs et délicieusement nostalgiques. Le Courrier de l'Oignon salue cette relique numérique qui prouve que même les geeks d'autrefois savaient organiser de belles fêtes autour d'un terminal de commande.


