Riseup, ou les irréductibles geeks qui hébergent des listes de diffusion depuis 1999
Le collectif Riseup détaille ses projets d'infrastructure alternative pour militants, prouvant qu'on peut faire du sérieux sans se prendre au sérieux.

Dans le vaste monde des services en ligne, il existe des irréductibles qui refusent obstinément de plier l'échine devant les géants du numérique. Le vénérable collectif Riseup, actif depuis les lointaines années 1990, nous offre sur son site une plongée fascinante dans sa machinerie militante. Oubliez les start-up bardées de capital-risque et de levées de fonds stratosphériques : ici, on parle de serveurs hébergés avec amour, de listes de diffusion par milliers et d'outils libres conçus pour résister à la pluie comme au beau temps.
La page égrène ainsi les différents chantiers de la maison avec une exhaustivité qui force le respect. Entre deux paragraphes consacrés au chiffrement des e-mails et au support indéfectible apporté au réseau Tor, le visiteur découvre toute une palette de services autogérés. Il y est question de colocation de serveurs communautaires à Seattle, de VPN personnels conçus pour acheminer le trafic en toute discrétion, et même de logiciels libres taillés sur mesure pour les mouvements sociaux. De quoi donner le tournis à n'importe quel administrateur système habitué à la tiédeur des solutions cloud standardisées.
Le plus charmant dans cette vitrine technologique reste l'attachement viscéral du collectif à une époque où Internet sentait encore le carton-pâte et l'huile de coude. En listant ses contributions au noyau Debian ou ses modules Puppet partagés à la communauté, Riseup rappelle que le web militant fonctionne encore grâce à des bénévoles obstinés. Une visite salutaire qui prouve que l'utopie numérique a parfois de superbes restes, pour peu qu'on veuille bien mettre les mains dans le cambouis.


