Sauver sa bande passante à coups de Squid et de routeurs obstinés
Quand la connexion LTE locale impose des quotas, un administrateur se lance dans le cache de paquets Linux direct sur le routeur. Une belle leçon de persévérance numérique pour éviter de télécharger deux fois la même chose.

Au Courrier de l'Oignon, nous avons un faible pour les solutions qui consistent à déployer un arsenal technologique complet juste pour économiser trois octets et des poussières. C'est exactement le programme proposé par ce blog technique découvert dans les recoins du réseau, où l'auteur s'est mis en tête d'optimiser ses mises à jour openSUSE sous connexion LTE. Disposant d'un abonnement aux quotas aussi fragiles qu'un château de cartes, il lui fallait trouver une parade pour éviter le téléchargement en double des paquets lourds destinés à ses machines.
Plutôt que de capituler face aux limites de son FAI, le stratège a décidé de transformer son modeste routeur OpenWrt en station de cache impitoyable à l'aide de l'inévitable Squid et d'un disque dur externe branché à la va-vite. La subtilité de l'opération réside dans le comportement de MirrorBrain, le serveur de téléchargement d'openSUSE qui adore rediriger les clients vers des miroirs aléatoires à chaque requête. Pour que le cache comprenne enfin quelque chose à cette loterie géographique, un script de redirection maison vient siffler la fin de la récréation en interceptant le trafic HTTP.
L'exercice technique, bien que rigoureux, force le respect par son côté légèrement disproportionné. On imagine très bien l'auteur retenant son souffle en modifiant les règles de routage de son pare-feu, priant pour que son routeur domestique ne se transforme pas en brique incandescente au milieu de la nuit. C'est le genre de bricolage informatique hautement satisfaisant qui rappelle les heures bénies où l'on optimisait le moindre temps de chargement avec les moyens du bord.
Finalement, le système tourne, les paquets se stockent sagement sur le disque du routeur et la bande passante est sauvée des eaux. Le site en profite pour glisser quelques détails sur sa configuration personnelle, allant de l'utilisation d'Emacs à un clavier ergonomique peu commun. Une incursion tout à fait saine dans le quotidien d'un bidouilleur méthodique qui prouve que l'on peut faire transiter des flux de données complexes par les chemins les plus inattendus.


