Tails 7.10 : quand l'extinction standard prend son temps pour votre bien
Le système d'exploitation le plus paranoïaqué du web revient avec une version 7.10 qui prend désormais son temps pour s'éteindre proprement. Vos documents sauvés vous diront merci, à condition de ne pas être pressés.

Le Courrier de l'Oignon n'a pas pu rater la dernière grande messe de Tails, le système fétiche des agents secrets du dimanche et des journalistes en goguette. Avec sa mouture 7.10 fraîchement débarquée sur le forum officiel, le petit oignon cryptographique adopte la procédure d'extinction standard de GNOME. Fini le couperet brutal qui tranchait vos sessions nettes et sans bavure : place désormais à un dialogue de confirmation policé qui vous prévient si un document traîne encore sans sauvegarde. Certes, c'est un peu plus lent, mais le progrès a un prix, et ce prix est de soixante secondes maximum avant une extinction forcée, au cas où vous seriez partis cultiver des navets. Autre révolution de palais dans cette édition, le vénérable lecteur vidéo GNOME tire sa révérence au profit de Celluloid, présenté comme plus moderne et robuste. Par mesure de sécurité absolue, ce dernier est totalement coupé du réseau, interdisant toute velléité de streaming sauvage en douce. Pour regarder vos vidéos en ligne, on vous renvoie sagement vers le navigateur Tor ou le bon vieux VLC. Notons toutefois que les nostalgiques de 2011 devront composer avec des incompatibilités matérielles sur certaines machines d'époque, prouvant bien que le futur finit toujours par laisser de vieux grimoires sur le carreau. Du côté de la communauté, l'ambiance est aux ajustements techniques millimétrés. Un utilisateur s'est ainsi ému de la disparition des miniatures vidéo dans le gestionnaire de fichiers, brisant l'harmonie visuelle de son bureau sécurisé. La réponse des gardiens du temple ne s'est pas fait attendre : le problème est officiellement catalogué, mais il faudra s'armer de patience puisque le remède n'est espéré que pour la future version 8.0. En attendant, les plus impatients sont invités à greffer manuellement d'anciens paquets logiciels. Quand la sécurité rencontre la bureaucratie du code libre, chaque pixel se mérite.


