Une fresque américaine de 2004 faite de cochons, de maïs et de crash-tests
Le Courrier de l'Oignon a croisé sur son chemin le film Panorama Ephemera de Rick Prelinger, une archive de 2004 qui compile quatre-vingt-dix minutes de bobines industrielles et publicitaires. Entre tracteurs, cochons et mannequins de crash-test, le voyage à travers l'Amérique du XXe siècle promet son lot de visions familières et légèrement décalées.

Notre équipe de rédaction s'est aventurée dans les méandres des archives audiovisuelles pour y dénicher une perle de l'année 2004 : *Panorama Ephemera*, un long-métrage signé par le réalisateur Rick Prelinger. Loin des superproductions hollywoodiennes, cette œuvre de près d'une heure et demie se compose exclusivement d'un collage minutieux de séquences issues de films industriels, publicitaires, éducatifs et amateurs. Le résultat ? Une fresque monumentale et un brin hypnotique qui parcourt les paysages tourmentés et les grands mythes de l'Amérique du siècle dernier.
Le synopsis de ce voyage immobile ne manque pas de piquant. Oubliez les traditionnels héros en cape et les intrigues géopolitiques : ici, ce sont les cochons, le maïs, l'eau, les téléphones, le feu et le riz qui s'emparent de la scène principale. Ces substances et créatures du quotidien, si familières qu'on ne les remarque même plus, deviennent les véritables stars d'une narration souterraine. S'ajoutent à cette ménagerie inattendue des foules d'enfants, de fermiers, d'ouvriers et de malheureux mannequins de crash-tests soumis aux rigueurs de la science moderne.
Le film s'articule autour de soixante-quatre séquences autonomes, d'une durée allant de cinq secondes à quatre minutes, agencées de manière à faire émerger une histoire globale entre les plans. L'auteur lui-même ne tarit pas d'éloges sur son propre travail, affirmant qu'il s'agit de son meilleur film. Si l'on en croit la page d'accueil de ce trésor patrimonial, l'objet est par ailleurs placé sous licence Creative Commons, au cas où l'envie vous prendrait de visionner quatre-vingt-dix minutes de propagande industrielle d'époque ou de monter votre propre remix sur logiciel de montage.
Pour les amateurs de curiosités rétros et de montages d'archives un peu obsessionnels, cette trouvaille numérique offre une parenthèse aussi instructive qu'absurde. On y croise l'histoire des États-Unis sous un angle résolument bizarre, où le progrès technique côtoie l'angoisse de la boîte de conserve publicitaire. Une excellente façon de réviser son histoire nord-américaine sans quitter son canapé.


