Vampires victoriens et frousses d'époque : replongez dans les 21 heures de frissons de Varney
Envie de passer vingt-et-une heures à trembler devant des morsures dans le cou ? L'Internet Archive héberge l'ancêtre gothique de Dracula, prêt à hanter vos tympans.

Avis aux amateurs de crocs acérés et de dentition d'un autre siècle : le vénérable Internet Archive nous gâte avec une relique littéraire de première bourre. Les équipes de LibriVox y ont en effet déposé l'intégralité du premier volume de « Varney the Vampyre », un monument gothique écrit par Thomas Preskett Prest et initialement publié sous forme de « penny dreadful » entre 1845 et 1847. Autant dire que bien avant qu'un certain comte transylvain ne vienne squatter nos bibliothèques, ce cher Sir Francis Varney terrorisait déjà les chaumières britanniques avec une ponctualité de fonctionnaire.
Pour les néophytes, le résumé de cette joyeuseté victorienne vend du rêve. Tout commence lorsque la pauvre Flora Bannersworth se fait agresser en pleine nuit dans sa propre chambre. Son agresseur est mystérieusement abattu, mais son corps s'évapore purement et simplement, laissant derrière lui deux petits trous charmants sur le cou de la demoiselle. Heureusement, un ami de la famille débarque pour poser un diagnostic médical implacable : c'est l'œuvre d'un vampire. S'ensuit une enquête menée tambour battant par le frère de la victime et l'expert ès suceurs de sang, qui suspectent rapidement le voisinage.
Ce qui rend la découverte croustillante, c'est que la plateforme propose de s'enfiler cette épopée macabre sous forme de fichiers audio découpés en soixante-trois pistes distinctes. Le tout pèse son petit poids — environ trois gigaoctets — et cumule pas moins de vingt-et-une heures et cinq minutes d'écoute continue. C'est l'activité idéale pour vos trajets en transports en commun si vous souhaitez toiser vos voisins d'un air inquiétant en vous demandant si leur carotide est bien tendre.
Évidemment, la page conserve tout le charme suranné des archives numériques qui ont traversé les décennies, avec ses boutons de partage d'un autre âge et ses compteurs de vues qui s'affolent doucement. On salue le dévouement des bénévoles qui ont prêté leur voix pour ressusciter ce chef-d'œuvre un brin kitsch, garantissant aux insomniaques de quoi occuper leurs nuits les plus sombres sans risquer de croiser autre chose qu'un fantôme de pixel.


