Vénus, ses astronautes et ses dames préhistoriques en gel
Quand la cinéphilie des réseaux obscurs exhume un chef-d'œuvre spatial de 1967 où des cosmonautes martyrisent une divinité vénusienne. Une péquelette rétro qui fleure bon le filtre couleur artisanal.

Le Courrier de l'Oignon fouille régulièrement les bas-fonds numériques pour y dénicher des pépites hors d'âge. Cette semaine, notre curiosité nous a menés vers une archive vénérable hébergée sur l'Internet Archive, consacrée au film « Voyage to the Planet of Prehistoric Women », réalisé par Norman D. Wells en 1967. L'histoire nous entraîne sur Vénus, où une équipe d'astronautes intrépides, flanquée d'un robot dévoué, débarque pour explorer les environs avant d'anéantir purement et simplement le dieu local. De quoi réviser nos classiques interstellaires avec un brin de perplexité amusée.
Ce qui rend cette découverte particulièrement savoureuse, c'est la genèse alambiquée du métrage. Le film tire ses racines d'une œuvre soviétique originelle, joliment rebaptisée et charcutée par un producteur américain soucieux de masquer sa provenance tout en recyclant de nouvelles séquences. Pour parfaire le tout, la pellicule bénéficie d'une coloration dite « Pathé », qui consiste ni plus ni moins à poser des filtres colorés par-dessus un film noir et blanc d'origine. Les teintes affichées relèvent donc davantage de l'interprétation artistique que de la réalité chromatique des décors, offrant aux spectateurs des compositions visuelles pour le moins uniques.
Les amateurs de raretés cinéphiliques y trouveront largement leur compte, notamment grâce à la fiche technique qui mentionne la présence de Mamie Van Doren et une narration signée Peter Bogdanovich en personne. Le fichier vidéo est accessible en téléchargement direct pour les plus motivés, garantissant des soirées de projection dignes des plus grands festivals de l'insolite. Le Courrier de l'Oignon salue bien bas cette résurrection numérique qui prouve que le passé lointain du Web regorge toujours de surprises filmiques aussi inattendues que délicieusement désuètes.


