Cinq heures d'horreur cathodique avec Elvira sur MTV en 1984
Le Courrier de l'Oignon a fouillé les archives pour retrouver les cinq heures de grand frisson musical orchestrées par Elvira en 1984. Une relique télévisuelle où les citrouilles se font découper à la tronçonneuse entre deux clips de Michael Jackson et de Devo.

Il fut un temps béni où la jeunesse découvrait le rock et la pop en frissonnant devant des présentatrices vêtues de tenues gothiques audacieuses. L'Internet Archive, ce grenier infini du web, nous offre un magnifique saut dans le passé avec la mise en ligne d'une émission spéciale diffusée le 31 octobre 1984 sur MTV. Pendant cinq longues heures, la chaîne musicale avait confié ses clés à Elvira, affectueusement présentée comme la petite amie goule préférée de l'Amérique. Au programme : des clips cultes, des bannières publicitaires d'époque et beaucoup de second degré macabre.
Le déroulé précis des festivités nous plonge dans une programmation musicale absolument irréprochable pour une soirée d'épouvante télévisée. On y croise les Jackson, The Specials, Oingo Boingo, Devo, mais aussi David Bowie, Bauhaus et le fameux Ghostbusters de Ray Parker Jr. Entre deux morceaux, la nostalgie opère avec des séquences où Elvira découpe des citrouilles à la tronçonneuse, discute avec John Carradine ou commente le courrier des téléspectateurs depuis son recoin lugubre. Le tout est généreusement pimenté par de véritables coupures publicitaires d'époque et des bandes-annonces de films fantastiques de série B.
Pour les archéologues du petit écran, la découverte vaut son pesant de cacahuètes synthétiques et de fausses toile d'araignée. Le site répertorie minutieusement chaque minute de cette cassette géante, permettant d'admirer la transition entre un spot pour des t-shirts à l'effigie de l'hôtesse et un passage de Kiss ou d'Ozzy Osbourne. C'est le genre de capsule temporelle parfaitement inoffensive qui nous rappelle que la télévision savait parfois embrasser le kitsch avec un talent monstre. Le Courrier de l'Oignon ne peut que saluer cette magnifique conservation du patrimoine cathodique le plus effrayant des années 80.


