Comment choisir une épouse selon la classe de 1865 : évitez les femmes de lettres
Plongée dans les archives de 1950 avec des conseils matrimoniaux d'un autre siècle. Entre eugénisme de bazar et aversion prononcée pour la littérature féminine.

Le Courrier de l'Oignon fouille régulièrement dans les poubelles de l'Histoire numérique pour y dénicher des perles oubliées. Cette semaine, notre curiosité nous a menés vers une page jaunie du Hong Kong Telegraph datée du 3 mars 1950. Au milieu des dépêches internationales et des programmes de cinéma de l'époque, un encadré attire l'œil : les suggestions pour choisir une épouse, léguées par un ancien étudiant de la promotion 1865.
L'anonyme rédacteur du XIXe siècle livre une méthode pour le moins rigoureuse pour passer la bague au doigt de l'élue de son cœur. Premier impératif de ce manuel de survie conjugale : surveiller la tendance aux maladies héréditaires, l'épilepsie ou encore la danse de Saint-Guy. L'auteur recommande également de fuir l'excentricité, sous peine de voir la folie frapper la génération suivante, tout en exigeant une belle constitution et un visage agréable sans pour autant être trop joli.
Mais le clou du spectacle matrimonial réside dans les recommandations plus comportementales. Le futur époux doit ainsi éviter une belle-mère acariâtre et, surtout, bannir catégoriquement toute femme à plume. La consigne est formelle et sans appel : « Évitez une femme de littérature. » Voilà qui promettait des soirées au coin du feu d'une drastique simplicité.
Entre deux considérations sur les espions russes et les tracas des riches héritières voulant travailler incognito, cette relique de papier nous rappelle que nos aïeux avaient des critères pour le moins pittoresques. De quoi relativiser nos modernes applications de rencontre, où les critères portent heureusement moins sur la chorée de Huntington que sur le choix des filtres photo.


