Comment programmer votre grille-pain en allemand et autres joies de l'informatique personnelle
Le web profond regorge de pépites délicieusement anachroniques, comme ce podcast de 2012 initiant ses auditeurs aux joies de l'informatique personnelle entre deux morceaux de jazz électronique. Une incursion sonore réjouissante dans un rétro-futurisme qui sent bon la disquette et la naphtaline.

Il existe des contrées numériques où le temps semble s'être arrêté un mardi après-midi de janvier 2012, dans un bureau encombré de synthétiseurs modulaires et de vieux manuels IBM. C'est le cas de cette archive du podcast Project Moonbase exhumée des catacombes de l'Internet Archive, sobrement intitulée « Introduction to Personal Computing ». Loin des tutoriels austères sur la syntaxe Python, l'émission propose de se familiariser avec la machine à travers des thématiques aussi indispensables que la sécurité informatique, la romance numérique ou encore la programmation pratiquée en allemand.
La description du programme nous apprend que les auditeurs étaient conviés à un voyage sensoriel et musical mêlant des artistes aux noms aussi évocateurs que Perrey & Kingsley, Bruce Haack ou encore la regrettée France Gall. On y discute également de « jazz computing », un concept hautement théorique qui n'a probablement jamais fait l'unanimité dans les services comptables d'IBM. L'ensemble est présenté par des animateurs signant sous les pseudonymes de DJ Bongoboy et MC Zirconium, bien décidés à armer le citoyen moderne face aux périls du traitement de texte.
Ce joyau du passé, dont la taille atteint tout de même 104 mégaoctets de pur bonheur auditif, offre une capsule temporelle idéale pour quiconque souhaite comprendre comment on imaginait le futur de la bureautique il y a plus d'une décennie. La page propose même d'acquérir une édition collector en cassette audio pour la modique somme de 2,99 livres sterling, à condition de voyager mentalement dans l'angle mort du commerce électronique des années 2010. Une découverte qui prouve une fois de plus que les réseaux cachés regorgent de trésors parfaitement inoffensifs et délicieusement inutiles.


