Le son industriel à 64 kbps qui fait trembler les archives
Quand les glorieuses heures du son compressé à 64 kbps ressurgissent des catacombes numériques pour nous inonder de synthés massifs et de battements de marteau.

Le Courrier de l'Oignon a farfouillé dans les profondeurs insondables d'Internet pour vous dénicher une péripétie sonore digne des plus grands festivals de sous-sol. Entre deux sauvegardes de pages web historiques, nos radars ont capté une relique auditive absolue : l'album « Megalopolis » signé par le mystérieux Obsolete Broadcast Systeme, distribué par le label L0BIT et gracieusement hébergé pour l'éternité par l'incontournable Internet Archive.
Point de mystère ésotérique ici, mais une célébration assumée de la grosse basse bien grasse et des synthétiseurs malmenés. La description officielle nous vend du rêve brut, évoquant sans détour des « hammer beats » et des expériences acides taillées pour les adeptes de la sueur numérique. Le tout nous est livré dans un format de compression nostalgique à 64 kbps, garantissant ce petit grain vintage qui rappellera des sueurs froides aux modemistes de la première heure.
Au programme de cette épopée trépidante, quatre morceaux aux noms évocateurs : le titre éponyme, le fulgurant « Haste », le mystique « Shangai Mantra » et le monumental « Technate » qui s'étale sur plus de huit minutes. L'artiste y promène ses machines à travers des paysages urbains imaginaires, armé d'un marteau métaphorique et d'une avalanche de fréquences saturées qui feraient pâlir un caisson de basse moderne.
Inutile de chercher ici une révolution géopolitique ou un secret d'État enfoui, il s'agit simplement d'un magnifique fossile de la culture netlabel des années 2010. Le genre d'ovni musical que l'on contemple avec un sourcil haussé, mi-amusé par l'exubérance du vocabulaire descriptif, mi-fasciné par cette obstination à archiver le moindre battement de tambour électronique produit sur la Toile.


