Cure miraculeuse contre le catarrh : trente ans de sommeil en cercueil
Plongée dans la presse de 1937 avec un journal de Hong Kong qui dévoile les méthodes de santé radicales d'un ancien perliculteur et l'essor du naturisme britannique.

Le Courrier de l'Oignon fouille régulièrement dans les archives les plus poussiéreuses du web profond pour y dénicher des perles journalistiques d'un autre siècle. Cette semaine, notre machine à remonter le temps nous a déposés le 9 avril 1937 dans les colonnes du vénérable « Hong Kong Telegraph ». Entre deux dépêches géopolitiques sur l'agitation syndicale nord-américaine et les préparatifs de vente des fabuleux trésors de la famille Rothschild à Londres, la page regorge de cette petite presse d'époque qui ne s'embarrasse pas de précautions superflues.
L'œil du lecteur moderne est immédiatement capté par un encadré pour le moins surprenant, relatant la routine de santé pour le moins ténébreuse d'un ancien travailleur des perles. Atteint de catarrhe trente ans plus tôt, ce dernier aurait pris la décision radicale de s'installer à l'intérieur d'un cercueil pour y passer ses nuits. Selon ses dires rapportés par l'article, il s'agirait tout simplement du meilleur remède au monde pour contrer les désagréments de cette affection des muqueuses. Une thérapie nocturne un brin lugubre qui prouve que l'ingéniosité humaine en matière de bien-être personnel ne date pas d'hier.
Mais l'actualité de ce printemps 1937 ne s'arrête pas aux remèdes mortuaires. Le journal consacre également de larges colonnes à l'essor fulgurant des adeptes du « tout-naturel » en Grande-Bretagne. On y apprend que les nudistes locaux prévoient une augmentation spectaculaire de leurs effectifs, tablant sur près de 80 000 adeptes, et s'organisent en colonies reculées ainsi qu'en soirées dansantes privées. Entre deux excentricités de gentlemen britanniques et les visions avant-gardistes de la décence publique, les archives de 1937 nous rappellent avec un délicieux sens du décalage que le passé fut un pays décidément très curieux.


