Des extraterrestres, des goules et un loup-garou : quand le cinéma espagnol déraille
Le Courrier de l'Oignon plonge dans les archives pour exhumer un chef-d'œuvre improbable où des petits hommes verts s'acoquinent avec des monstres classiques. Une pépite du cinéma bis à déguster avec des pop-corns.

Il est des soirs où le réseau Tor nous réserve des surprises cinématographiques dignes des plus grandes heures de la cinéphilie du dimanche soir. Notre rédaction a ainsi mis la main sur une page dédiée au film « Dracula vs. Frankenstein », également affublé du titre non moins prestigieux de « Assignment: Terror ». Loin des productions lisses et aseptisées d'aujourd'hui, cette œuvre nous plonge tête la première dans le deuxième volet de la saga consacrée au comte Waldemar le loup-garou, orchestrée par le regretté Jacinto Molina, alias Paul Naschy. Autant dire que le frisson nanar est au rendez-vous.
Le pitch, si l'on ose s'aventurer dans les méandres du scénario, frôle le génie incompris. Un extraterrestre tout droit débarqué de la mystérieuse planète Ummo décide, dans un élan de bienveillance intergalactique, de ressusciter trois scientifiques fous. Leur mission hautement civique ? Récolter tous les monstres de la planète afin de conquérir la Terre. On y croise donc un Nosferatu de pacotille, une momie qui a connu des jours meilleurs, une créature baptisée « Faranksalon » qui louche fortement sur le mythe de Frankenstein, et bien sûr notre loup-garou national. Le tout baigne dans une ambiance de série B européenne qui lorgne maladroitement sur les classiques Universal.
La description de l'époque ne manque d'ailleurs pas de piquant, soulignant avec une pointe de malice que même les distributeurs indépendants les plus audacieux de l'époque avaient sagement refusé d'acquérir le métrage. Entre des extraterrestres incongrus au milieu de décors gothiques et une piste son qui se balade allégrement au gré des bobines, le spectacle est total. La bonne nouvelle, c'est que les amateurs de raretés peuvent s'en donner à cœur joie pour télécharger cette curiosité de quatre-vingt-trois minutes et tenter, pourquoi pas, de resynchroniser le tout dans leur salon.


