F-Droid 2.0 : la refonte libre qui défie Google dans l’ombre
F-Droid 2.0 arrive après un an de travail : une refonte radicale de l’application de distribution d’apps libres, avec une navigation simplifiée, des catégories ultra-spécialisées et un installateur unifié. Le projet profite des nouvelles règles européennes pour égaler l’expérience Google, sans vous pist.
F-Droid, le magasin d’applications libres pour Android, a enfin dévoilé sa version 2.0 après plus d’an de développement et 14 versions de test. Cette mise à jour n’est pas qu’un coup de peinture : elle refonde l’interface avec Kotlin Compose, outil standard d’Android, pour une navigation en trois onglets — Découvrir, Rechercher, Mes Apps — et des catégories qui prennent soudainement un sens. Fini les listes interminables : on trouve maintenant des VPN, des pare-feu, des gestionnaires de mots de passe, ou même 17 sous-genres de jeux, comme si F-Droid avait enfin appris à classer sa propre bibliothèque.
La recherche a aussi été repensée pour ceux qui ne savent pas le nom d’une application, seulement ce qu’ils veulent faire. Elle parcourt désormais les descriptions, les traductions, et fonctionne particulièrement bien en chinois, japonais et coréen. F-Droid insiste sur le fait qu’il ne vous suit pas, ne vous engage pas, ne vous pousse pas à rester dans l’application — une promesse qui sonne comme une critique voilée des applis de Google.
Mais la grande avancée, c’est l’installateur. Grâce à la pression de l’Union européenne et aux actions antitrust, Android a enfin ouvert la porte à un flux d’installation fluide, similaire à celui du Play Store. F-Droid en profite pour unifier l’expérience, avec une pré-approbation avant le download. Une fois de plus, le logiciel libre rattrape le confort du marché dominant, sans compromettre la transparence.
Le contexte est tendu : Google modifie les règles d’installation des apps, et F-Droid lance une campagne sur keepandroidopen.org pour alimenter la résistance. Cette mise à jour est donc à la fois une démonstration technique et un appel à la mobilisation. Elle montre qu’un projet bénévole, sans publicité, peut rattraper l’ergonomie des géants, à condition de s’appuyer sur les failles du système.
En fin de compte, F-Droid 2.0 n’est pas juste une mise à jour : c’est une déclaration. Elle dit que la liberté logicielle peut être moderne, utilisable, et même désirable — à condition de la construire avec soin, et de la défendre quand les règles changent.


