Forbidden Stories : le portail d’investigation qui veille sur vous comme une mère trop méfiante
Forbidden Stories utilise SecureDrop pour recevoir des documents confidentiels, mais affiche un avertissement si votre navigateur Tor est trop faible. Un système de sécurité rigoureux, voire excessif, pour protéger les lanceurs d'alerte.

En visitant le site de Forbidden Stories, on est accueilli non par un article, mais par un mur de mises en garde. Votre navigateur Tor est-il suffisamment sécurisé ? Sinon, il vous demande d’augmenter votre niveau de sécurité au « Safest », le maximum disponible. Une fois le changement effectué, le navigateur redémarre, comme un ordinateur qui ferait une révolution silencieuse.
Le site, conçu pour recevoir des informations sensibles dans le cadre d’investigations journalistiques transfrontalières, repose sur SecureDrop, une plateforme open source conçue pour protéger les sources. Mais ici, la protection est poussée à l’excès : on vous rappelle que même avec Tor et SecureDrop, le partage d’information reste risqué. Comme si, après avoir verrouillé la porte, on vous rappelait que la maison peut quand même s’effondrer.
Il est également précisé que la version mobile de Tor Browser est déconseillée, car moins sécurisée que son homologue desktop. Une note qui, pour le néophyte, ressemble à un avertissement de pharmacie : « Ne pas utiliser si vous avez peur de votre ombre. »
Malgré son aspect technique et rigide, le site est un exemple de transparence assumée : il explique chaque étape, chaque risque, sans fard. Pas de charme, pas de mise en scène, juste une vérité brute, froide, presque brutale. Et pourtant, c’est cette froideur qui le rend presque réconfortante : ici, la sécurité n’est pas un accessoire, c’est le produit même.


