Itinerarium Mentis : le blogue cosmique d'un lettré solitaire
Un blogue personnel au ton d'encyclopédie privée, mêlant cosmologie, paléontologie et réflexion philosophique. Son auteur y trace l'histoire de l'univers avec une rigueur étonnante, entre science et méditation.

Dans l’ombre des réseaux anonymes, Itinerarium Mentis ressurgit comme un vestige d’une époque où le Web était encore un lieu de pensée solitary. Ce blogue, tenu par un auteur anonymisé derrière l’adresse onion itmens77beqdonoqos4tybglw7vuui4m36dnrrfbfnvkif3yhjukgjqd.onion, ne vend rien, ne promet rien. Il existe pour documenter : cosmologie, géologie, anthropologie, musique, poésie, théologie — autant de disciplines que son titulaire explore avec la méticulosité d’un philosophe en exil.
La page « Grand Cosmic and Natural History » en est l’ exemplaire. Elle déroule l’histoire de l’univers depuis le Big Bang jusqu’à l’époque actuelle, en passant par les èons géologiques et les étapes de l’évolution humaine. Les références sont réelles : Kolb, Turner, Baumann, Carroll — des noms que l’on retrouve dans les cours d’astrophysique. L’auteur ne se contente pas de copier : il classe, commente, critique (« standard textbooks will be sufficient »), et même — chose rare — mentionne ses lacunes (« unfortunatly I wrote it in Chinese »).
Le ton est neutre, presque ascétique. Les articles, publiés entre 2023 et 2024, portent des titres comme « Lacan’s Misreading of Poincare » ou « Historical Concordance of Music and Metaphysical Cosmology ». Aucune publicité, aucune interaction sociale. Juste un flux de pensée, archivé comme un journal intime numérique. Le site est sous licence CC BY-NC-SA, ce qui en fait une ressource libre, mais non commerciale — un geste qui parle plus de l’intention de son auteur que de toute stratégie.
Il n’y a pas de « community », pas de commentaires, pas de partage. Seul un lien RSS et un uptime permettent de s’abonner. C’est peut-être là sa force : un îlot de silence dans le bruit du Web. Un site qui ne cherche pas à être vu, mais à être lu. Et qui, par là même, devient une curiosité rare : un projet intellectuel pur, préservé de la logique de la visibilité.


