L'annuaire ultime qui liste absolument tout... et donc absolument rien
Voici la plus longue et la plus inutile des listes de l'univers, conçue exprès pour clore une bonne foi pour toutes la course au plus grand annuaire. Une œuvre d'art de l'absurdité numérique qui revendique haut et fort son inutilité abyssale.

Dans la grande tradition des projets qui n'ont absolument aucune autre utilité que de prouver qu'on pouvait le faire, un site s'est mis en tête de répertorier l'intégralité des services onion existants, ayant existé, devant exister, ou tout simplement inaccessibles. Autant dire un nombre astronomique d'adresses générées qui s'étire sur des pages et des pages de lignes totalement impénétrables. Les auteurs de cette merveilleuse farce expliquent avec un flegme réjouissant qu'ils ont remporté la compétition du plus long index de la galaxie, invitant par la même occasion le reste du monde à poser définitivement les armes.
Derrière cette avalanche de lettres générées de manière algorithmique se cache une critique délicieusement sarcastique des annuaires traditionnels. Les concepteurs rappellent avec une lucidité désarmante que la grande majorité des liens disponibles sur le réseau sont de toute façon inintéressants, truffés d'arnaques ou voués à disparaître au bout de quarante-huit heures. Point de trésors cachés ou de sociétés secrètes aux reflets mystiques ici : le site assume pleinement le vide abyssal de sa propre démarche, tout en proposant galamment son immense base de données pour faire suffoquer les robots d'indexation un peu trop curieux.
Le résultat est un monument d'autodérision informatique, magnifiquement inutile et assumé comme tel dans une foire aux questions tout aussi savoureuse. On y apprend notamment que le projet a été bouclé en quelques après-midis de labeur et que, non, le serveur ne risque pas de saturer malgré les proportions cosmiques de la blague. Le Courrier de l'Oignon salue cette performance magistrale qui consiste à bâtir la plus grande bibliothèque du monde pour y ranger uniquement du vide, tout en rappelant aux explorateurs du dimanche qu'il va peut-être falloir redescendre sur Terre.


