L'arche de Noé des conférences de sécurité fait escale sur Tor
Le projet InfoCon compile des tonnes de documents, vidéos et podcasts dédiés à la sécurité informatique. Une véritable capsule temporelle numérique pour les passionnés de données.

Le Courrier de l'Oignon a parfois le nez fin lorsqu'il s'agit de fouiller dans les tréfonds du réseau Tor. Cette semaine, c'est une véritable institution du stockage mémoriel qui a croisé notre route : les archives d'InfoCon, dédiées aux conférences sur la sécurité et le piratage éthique. Loin des clichés interlopes que l'on associe parfois trop vite à ce réseau, ce site ressemble surtout à la bibliothèque d'Alexandrie après une sobriété numérique de vingt ans.
En explorant l'arborescence visible sur la page d'accueil, le visiteur curieux découvre une liste de répertoires aux noms évocateurs. On y croise des dossiers consacrés à des documentaires, des podcasts spécialisés, mais aussi des éléments plus techniques comme des listes de mots ou des tables de correspondance. Point de trésors cachés de pirates hollywoodiens ici, mais plutôt l'histoire méthodique de la culture informatique et des conférences qui l'ont façonnée au fil des années.
La page dédiée aux soutiens du projet apporte une touche de pragmatisme communautaire assez réjouissante. Point de bourses bien garnies ou de mécènes milliardaires : pour figurer au panthéon des supporters, il suffit apparemment de donner un coup de main en partageant de la bande passante et en hébergeant des torrents. Le premier contributeur officiel affiché arbore d'ailleurs le nom réconfortant de Hacking and Coffee, prouvant que la caféine reste le véritable moteur de la préservation numérique.
Ce genre de projet rappelle que le Web souterrain sait aussi se faire utile en archivant la mémoire technique de nos sociétés modernes. C'est un peu poussiéreux, résolument austère, mais diablement efficace pour qui cherche à comprendre comment la sécurité informatique est passée du statut de hobby obscur à celui de science administrative. Une belle prise pour notre journal, qui prouve qu'on peut parler d'informatique sans avoir à décoder le moindre message de l'espace.


