L'Émulsion Scott et les soucis de gencives de 1935
Plongeon dans les réclames d'une autre époque avec une potion miracle de 1935. Un remède d'antan qui promettait monts et merveilles aux nourrissons.

Le Courrier de l'Oignon fouille régulièrement dans les greniers poussiéreux du passé pour y dénicher des perles oubliées. Aujourd'hui, direction le mois de juin 1935 à travers les colonnes du vénérable journal anglophone publié à Hong Kong. Entre deux soubresauts de la géopolitique mondiale de l'époque, notre œil affûté a été irrésistiblement attiré par un encart publicitaire d'une charmante candeur, promouvant les bienfaits incontestables d'un produit phare de la pharmacopée coloniale.
L'objet de notre fascination du jour n'est autre que l'Émulsion Scott, présentée alors comme le bouclier suprême contre les affres de la croissance infantile. La réclame nous assure sans ciller que cette mixture composée de quarante-quatre pour cent d'huile de foie de morue pure et de sels de chaux constitue le viatique idéal pour forger des squelettes d'acier. Le texte explique avec le plus grand sérieux que ce cocktail huileux prévient avec une efficacité redoutable les soucis de dentition, le rachitisme ainsi que la fâcheuse mollesse des os des chères têtes blondes.
On imagine sans peine les soirées d'hiver dans les salons feutrés de la colonie, où l'on se passait le flacon avec la conviction de participer au grand œuvre de la civilisation par la vitamine A et D. Si nos standards contemporains en matière de pédiatrie ont quelque peu évolué, force est de constater que le marketing pharmaceutique des années trente ne manquait ni d'aplomb ni de poésie grasse. Le Courrier de l'Oignon salue cette trouvaille historique qui nous rappelle que nos ancêtres savaient soigner leurs marmots avec beaucoup d'huile et encore plus d'imagination.


