La Belle et la Bête version pop-up : quand le papier cache des monstres
Le Courrier de l'Oignon a déniché une archive littéraire un tantinet animée. Entre deux pages numérisées, le château de la Bête se plie et se déplie avec un zèle inattendu.

Amateurs de contes de fées et de machineries en carton, réjouissez-vous ! Nos pérégrinations sur le réseau Tor nous ont menés vers une page de l'Internet Archive consacrée à une vénérable édition de La Belle et la Bête, initialement imaginée par Gabrielle-Suzanne Barbot de Villeneuve en 1740. L'ouvrage, traduit par J. R. Planché en 1858 et publié dans une version illustrée contemporaine, ne se contente pas de narrer la romance classique entre une jeune fille prisonnière et une créature pour le moins poilue.
Ce qui retient l'attention de notre rédaction, toujours avide de curiosités textuelles, réside dans la fiche technique de l'objet. Ce livre de 201 pages cache en effet des éléments interactifs dignes d'un atelier d'ingénierie papetière de haute voltige. Au programme des réjouissances cartonnées : trois pages dépliantes, une illustration en relief de type pop-up, trois roues mystérieuses, une page coulissante, ainsi qu'une page dotée de six volets à soulever. De quoi donner des sueurs froides à tout bibliothécaire allergique au pliage intempestif.
Le site nous gratifie ainsi d'une description méticuleuse de ce trésor éditorial, pesant tout de même 543 mégaoctets de données numériques. On y apprend que des générations de lecteurs ont été ensorcelées par cette histoire d'amour épique, bien que l'on se demande si ce ne sont pas plutôt les mécanismes en papier qui fascinent les foules. Après tout, rien ne vaut un bon vieux pop-up pour faire oublier la dure réalité des liseuses électroniques austères.
Notre équipe reste fascinée par cette manie d'archiver des objets dont la complexité matérielle dépasse l'entendement numérique. Alors que le monde s'encastre dans des formats virtuels et lisses, des mains pieuses ont pris le temps de numériser un livre doté de roues et de volets. C'est beau, c'est totalement inoffensif, et cela prouve qu'un monstre en carton fait toujours son petit effet.


