La bibliothèque secrète qui classe Platon, Nietzsche et Jung entre deux lignes de code
Bienvenue dans les archives DSPA, un catalogue de textes philosophiques et ésotériques hébergé loin du grand jour. Entre Platon et Friedrich Nietzsche, l'auteur y cultive une collection de haute volée avec un sens certain de la mise en scène.

Il fut un temps où la transmission du savoir demandait au bas mot un moine copiste et quelques peaux de bêtes. Aujourd'hui, il suffit d'un coin reculé du réseau Tor et d'un esprit passablement obsessionnel. Le catalogue de projets DSPA, repéré lors de nos pérégrinations catacombales, propose une vaste anthologie de textes allant de l'Antiquité grecque jusqu'aux penseurs du XXe siècle. On y croise le Ménon de Platon datant de 385 avant notre ère, voisinez avec les conférences érigées par Carl Gustav Jung ou les fulgurances nietzschéennes.
Ce cabinet de curiosités littéraire est divisé en plusieurs collections aux noms évocateurs : Aeterna, Anamnesis, Avalanche ou encore Divine Archive. L'ensemble ressemble à s'y méprendre à la bibliothèque idéale d'un ermite numérique qui aurait décidé de compiler tout ce que l'humanité a produit de plus grave et de plus vertigineux en matière de philosophie. L'auteur des lieux y ajoute même quelques partitions poétiques et des réflexions personnelles, le tout baigné dans une esthétique de terminal informatique minimaliste où le moindre octet semble peser son pesant de sagesse.
Mais derrière cette austérité apparente se cache une critique mordante des institutions académiques et des barrières de droits d'auteur qui verrouillent l'accès au savoir contemporain. L'artisan du site revendique une approche intransigeante de la libre circulation des idées, allant jusqu'à écarter certaines traductions pour privilégier la pureté de la démarche. Une façon comme une autre de transformer une simple page de liens en manifeste intellectuel.
Au Courrier de l'Oignon, nous saluons cette quête infinie qui consiste à ranger soigneusement les grands auteurs au même endroit que des scripts de code open source. C'est à la fois totalement suranné, délicatement théâtral et parfaitement inoffensif. Espérons simplement que les dieux de l'Olympe ou les ayants droit ne viendront pas troubler la quiétude de cette caverne numérique.


