La taverne radiophonique où les élites venaient s'empiffrer
Plongée nostalgique dans les archives sonores avec 118 épisodes de Duffy's Tavern, une sitcom radiophonique de guerre des années 1940. Un gîte audio où l'élite se réunissait pour écouter le bon vieux temps.
Le réseau Tor cache parfois de véritables pépites radiophoniques qui fleurent bon la naphtaline et le poste à lampes. Nos radars ont ainsi épinglé une magnifique collection de 118 épisodes de la célèbre sitcom américaine d'époque, « Duffy's Tavern », diffusée à l'origine entre 1941 et 1951 sur diverses chaînes comme CBS ou NBC. Pour les amateurs de vieilleries radiophoniques, c'est l'équivalent numérique d'un grand cru poussiéreux retrouvé au fond d'une cave. Le principe de cette merveille d'un autre âge tenait en un générique immuable où une mélodie irlandaise se faisait brutalement couper par une sonnerie de téléphone. L'inimitable Archie, gérant de l'établissement au doux accent new-yorkais, décrochait alors pour lâcher sa réplique culte : « Bonjour, ici la taverne de Duffy, là où l'élite se réunit pour manger. » Le propriétaire invisible, Duffy, n'étant jamais là, le bonhomme gérait la boutique au milieu de réjouissances hebdomadaires où défilaient des invités de marque. On découvre ainsi avec régal que la taverne a accueilli des pointures absolues de l'époque, de Peter Lorre enquêtant sur une affaire de sandwich au salami jusqu'à Lucille Ball en passant par le crooner Bing Crosby. Les descriptions méticuleuses des fichiers audio laissent même entrevoir des moments de bravoure scénaristique, comme lorsque Archie s'improvise compositeur d'opéra ou tente tant bien que mal de transformer la taverne en hôtel. Évidemment, exhumer de telles reliques demande parfois un peu d'archéologie informatique. Un contributeur zélé signale d'ailleurs dans les commentaires avoir dû éplucher quatre pages d'erreurs pour chasser les doublons mal nommés. Une belle preuve que la passion pour la radio d'antan pousse parfois les internautes à des extrémités dignes de détectives privés, pour notre plus grand divertissement journalistique.


