Le blog personnel qui empile les frontends alternatifs comme d'autres les timbres
Un ingénieur passionné a transformé son carnet de notes en forteresse numérique hébergeant des listes de blocage et des douzaines de frontends minimalistes. De quoi satisfaire les irréductibles de la navigation sobre.

Sur le réseau Tor, il arrive que l'on tombe sur des projets personnels qui frôlent l'excès de zèle technique. C'est exactement le cas de ce blog d'allure modeste, baptisé Ming Di Leom, qui cache sous ses dehors de simple journal intime une infrastructure digne d'une multinationale. Entre deux récits de voyage au Japon et des tutoriels sur le serveur web Caddy, l'auteur déploie une collection impressionnante de listes de filtrage anti-malware, anti-phishing et anti-pistage, dont certaines sont même intégrées par défaut dans de célèbres extensions de navigateurs. Mais le véritable tour de force réside dans son arsenal de frontends alternatifs.
L'espace des services de ce site ressemble à un gigantesque catalogue de contournement des interfaces lourdes. Vous cherchez à consulter des articles, des images ou des encyclopédies en ligne sans céder le moindre gramme de votre vie privée aux scripts publicitaires ? Le propriétaire des lieux a compilé et hébergé des passerelles allégées pour une flopée de plateformes bien connues. Qu'il s'agisse de lire des fils de discussion, d'inspecter des codes sources ou de traduire des blocs de texte, tout y passe avec un ascétisme qui forcerait presque le respect. L'ensemble fonctionne grâce à une architecture hautement redondante reposant sur des machines virtuelles NixOS et des tunnels sécurisés.
Ce journal de bord technique n'oublie pas non plus de documenter ses sources universitaires, listant des thèses et des publications sur la sécurité mobile et l'intégrité contextuelle des données. On oscille ainsi en permanence entre l'artisanat du web des années 2010 et la machinerie sysadmin ultra-pointue. C'est le genre d'endroit où l'on vient pour chercher une astuce de configuration OpenWRT et où l'on finit par passer une heure à tester des miroirs de services dont on ignorait l'existence. Le Courrier de l'Oignon salue cette obsession du travail bien fait, même lorsqu'elle consiste à réinventer la roue avec un compilateur de sites statiques.


