Le chic du nainsook blanc en 1934 : voyage au bout du sous-vêtement
Le Courrier de l'Oignon exhume une publicité pour des dessous masculins de 1934. Le confort colonial n'a jamais semblé aussi coton.

Il fut un temps où s'habiller le matin relevait de la haute ingénierie textile, comme le prouve cette vénérable coupure de presse exhumée des archives du Hong Kong Telegraph datée du 25 avril 1934. Loin des préoccupations géopolitiques agitant alors les colonnes voisines, une annonce attire irrésistiblement l'œil ébahi du flâneur numérique : la promotion pour du « White Nainsook Underwear » de chez Mackintoshes Ltd.
Pour les non-initiés du siècle dernier, le nainsook blanc n'était pas une divinité égyptienne oubliée, mais un coton léger et subtilement texturé, idéal pour affronter la moiteur tropicale avec une distinction toute britannique. L'annonce détaille avec un sérieux papellaire le vestiaire intime de l'époque, proposant des gilets sans manches, des caleçons amples dits « Trunk drawers » et des combinaisons intégrales pour la modique somme de 2,50 à 4,00 dollars le vêtement, avec en prime une réduction de 10 % en cas de paiement comptant.
L'amateur de superlatifs vestimentaires s'attardera également sur les costumes de nuit à manches courtes et genoux longs, parfaits pour sombrer dans des songes élégants à deux pas d'Ice House Street. Rien ne manquait pour garantir la décence des expatriés soucieux de leur maintien sous les tropiques, même lorsque le reste de la page s'épanchait sur des faits divers bien plus agités.
Certes, le monde moderne a depuis largement simplifié nos garde-robes en nous épargnant les subtilités tarifaires des remises au comptant sur les gilets de corps. Mais il faut saluer ces archives d'outre-temps qui nous rappellent que nos ancêtres, avant de croiser le fer avec l'Histoire, prenaient grand soin de choisir leurs sous-vêtements.


