Le manifeste ultime du surfeur ascète sur OpenBSD
Un irréductible du web minimaliste partage ses astuces sous OpenBSD et ses diatribes contre les navigateurs modernes. Une ode jubilatoire au câble réseau et aux textes bruts.

Sur les bas-fonds chiffrés du réseau Tor, on croise parfois des rescapés d'un autre millénaire qui refusent obstinément de plier genou face à l'embonpoint du web moderne. Notre trouvaille du jour est un sanctuaire textuel hérité des traditions Unix, où l'on cultive l'art délicat de naviguer sans JavaScript, sans fioritures et surtout sans espoir d'atteindre une quelconque viralité sur les réseaux sociaux.
Le maître des lieux, armé d'un système OpenBSD et d'un amour immodéré pour les gestionnaires de fenêtres spartiates, consigne méthodiquement ses réflexions existentielles. On y apprend avec délectation comment maltraiter le fichier about:config de Firefox pour lui extirper ses derniers élans de politesse commerciale, ou comment contraindre des navigateurs textuels à afficher des pages sans s'étrangler. L'auteur y pourfend avec une ironie pince-sans-rire les icônes de bureau superflues, les requêtes d'authentification par e-mail et toutes ces inventions modernes qui gangrènent le noble loisir de contempler du code HTML.
Ce journal de bord numérique, entièrement placé sous le signe du domaine public, fonctionne comme un manuel de survie pour technophile misanthrope. Entre deux conseils pour configurer un client de messagerie en ligne de commande ou capturer des données sur la vie des petits animaux marins, l'archéologue du net rappelle avec distance que le web n'a jamais été aussi agréable que lorsqu'il ressemble à un terminal austère. Une magnifique leçon de résistance numérique, à savourer bien au chaud derrière un pare-feu.
On ressort de cette lecture avec une envie soudaine de désinstaller toutes nos applications graphiques, de jeter notre smartphone dans un mixeur et de rédiger nos poèmes de la décennie sur un vieux bloc-notes en ASCII. En attendant la grande bascule vers le néant textuel, ce site prouve avec brio qu'un clavier et beaucoup de mauvaise humeur suffisent encore à peupler l'internet profond.


