Le saviez-vous ? Tor est né de la Marine US, pas d'un hackeur solitaire
Le routage en oignon, popularisé par Tor, a été développé au milieu des années 1990 par la marine américaine avant de devenir un projet civil open source.
On imagine souvent que le dark web est l’œuvre de génies du mal masqués, de cyberpirates en cagoule ou de hackers rebelles fumant des joints dans un sous-sol. Pourtant, l’histoire de Tor est bien plus banale, presque administrative. En fait, le concept de routage en oignon – cette méthode pour masquer l’origine des connexions en les enveloppant de plusieurs couches de chiffrement, comme une pelure d’oignon – a été mis au point au milieu des années 1990 par la marine des États-Unis. Oui, la marine. celle qui lance des missiles et qui surveille les sous-marins.
Le but initial ? Permettre à des agents de renseignement de communiquer sans être localisés par des gouvernements hostiles. Une idée très sérieuse, très militaire, très « nous, on est les bons, on se protège ».
Le projet Tor est ensuite devenu un projet civil et open source. Donc, à un moment, il a été « déclassé » et mis à disposition de tous. Comme un outil de défense de la liberté d’expression, de la vie privée, ou simplement pour ne pas laisser la publicité vous traquer pendant que vous cherchez des recettes de cuisine.
Aujourd’hui, Tor est utilisé par des journalistes, des activistes, des citoyens inquiets, et parfois par des personnes qui veulent simplement lire des articles sans être suivis par leur propre gouvernement. Rien d’illégal en soi, juste une technologie. Comme un parapluie : utile sous la pluie, suspect sous le soleil.
En résumé : le grand méchant « dark web » a souvent des origines très institutionnelles. Parfois, c’est l’État lui-même qui invente les outils de la liberté, avant de réaliser qu’ils peuvent échapper à son contrôle. Comme un enfant qui construit un pistolet à eau, puis s’effray quand il comprend qu’il peut tirer sur tout le monde.