Le Texas accélère les particules et altère la mémoire collective
Quand les Texans s'emparent du boson de Higgs et de l'effet Mandela, cela donne un court-métrage bouclé en cinq jours chrono. Une véritable performance géologique et narrative.

Le réseau Tor nous réserve parfois des pépites cinématographiques qui forcent le respect, ou du moins l'interrogation. Le Courrier de l'Oignon a posé ses valises virtuelles sur une page d'archive fort intrigante proposant de visionner un court-métrage de science-fiction intitulé « God Particle ». Loin des superproductions hollywoodiennes aux budgets indécents, cette œuvre nous vient tout droit du Texas, où le Film Club Houston et la Houston Media Source ont visiblement décidé de plier les lois de la physique et du septième art en un temps record.
Selon les informations officielles consignées pour la postérité, ce film d'une durée exacte de treize minutes a été entièrement écrit, tourné et monté en seulement cinq jours. Une cadence de travail qui laisse pantois et qui explique sans doute pourquoi le scénario flirte avec les sommets de l'audace conceptuelle. L'intrigue s'articule autour des théories du complot impliquant le CERN et le fameux effet Mandela, le tout en utilisant la ville de Houston comme toile de fond urbaine. Rien que ça.
Pour les non-initiés, rappelons que l'effet Mandela désigne ces faux souvenirs partagés par des foules entières, persuadées par exemple que Nelson Mandela est mort en prison dans les années 1980. Y associer une particule divine et des accélérateurs de particules au cœur du Texas relève d'un grand écart intellectuel particulièrement réjouissant. Le spectateur curieux peut ainsi admirer le résultat de cette course cinématographique effrénée de 2017, soigneusement préservée dans les méandres du Web.
Bien entendu, Le Courrier de l'Oignon se gardera bien de valider scientifiquement la possibilité de réécrire l'histoire locale à coups de tétragrammes quantiques. Il n'empêche que l'énergie déployée par ces cinéastes amateurs pour boucler un thriller métaphysique en cinq jours mérite amplement notre admiration sarcastique. Voilà une belle manière de démontrer que même depuis le fin fond du Texas, on peut rivaliser avec les plus grands mystères de l'univers.


