Quand Jack Nicholson donnait la réplique à Boris Karloff entre deux soupes
Un joyau du cinéma fantastique de 1963 avec Jack Nicholson s'offre une cure de jouvence sur les réseaux occultes. Préparez le pop-corn, le grand Boris Karloff mène la danse.

Au détour d'une ruelle numérique où l'on croît parfois croouter du bitume avarié, nos radars ont intercepté une relique filmique de première bourre. Il s'agit ni plus ni moins du long-métrage « The Terror », réalisé en 1963 par l'infatigable artisan du cinémabis Roger Corman. Pour les amateurs de vieilles pierres et de brouillard synthétique, c'est l'occasion rêvée de contempler un jeune officier de l'armée de Napoléon s'égarer dans un château gothique. L'endroit, disons-le franchement, manque un peu de chauffage et de conseils en décoration intérieure, mais il regorge de vieilles sorcières acariâtres.
Ce qui rend cette trouvaille particulièrement savoureuse pour les archéologues du dimanche que nous sommes, c'est la généalogie baroque de l'équipe technique. On y croise un jeune Jack Nicholson alors tout juste bon à promener sa jeunesse devant la caméra, mais aussi Francis Ford Coppola et Jack Hill venus prêter main-forte aux crédits non officiels. Autant dire que le tournage devait ressembler à un atelier bricolage un soir de tempête, où chaque bobine de pellicule était sauvée in extremis des flammes ou de l'ennui.
Le site met l'œuvre à disposition du tout-venant dans le domaine public, prouvant une fois de plus que les catacombes du Web réservent parfois de jolies surprises cinéphiles. Inutile de chercher ici des révélations géopolitiques ou des secrets d'État : juste un bon vieux film d'épouvante aux couleurs saturées et aux décors en carton-pâte. Le Courrier de l'Oignon ne peut que saluer cette salutaire exhumation, idéale pour frissonner mollement en mangeant des biscuits périmés.


