Quand le bridge et l'opium s'affichaient à la une de Hong Kong
Plongée dans le Hong Kong de 1935, où l'on réglait les litiges de bridge en même temps que le débarquement d'opium et de trésors en cale. Entre deux soubresauts de la livre sterling, la grande île britannique offrait un spectacle journalistique haut en couleur.
Le Courrier de l'Oignon a fouillé dans les poussiéreuses archives du réseau pour en ressortir un spécimen de choix : une édition du venerable *Hong Kong Telegraph* datée précisément du 1er mars 1935. À cette époque lointaine où les navigateurs devaient composer avec des taux de change chaotiques et des monnaies en perdition, la presse locale ne manquait pas de panache pour informer le lecteur colonial.
Au milieu des avis administratifs et des tribulations boursières de la livre, la colonne des consignataires maritimes retient particulièrement l'attention. On y apprend avec un flegme remarquable que les cargaisons des vapeurs tout juste arrivés de Marseille ou de Dunkerque sont sagement entreposées, à l'exception notable et tout à fait quotidienne de « l'opium, des trésors et des autres objets de valeur », traités manifestement avec un tout autre degré de précaution administrative.
Mais la colonie britannique ne vivait pas seulement de fret maritime et de politique monétaire. En page intérieure, le journal proposait également sa solution officielle au problème de bridge du jour, analysé par le redoutable W. E. McKenney. De quoi ravir les joueurs invétérés désireux de refaire le match autour d'une tasse de thé, tout en s'assurant que les douaniers étaient bien présents pour surveiller l'inspection des colis endommagés.


