Quand le polymathe du XIXe siècle explorait le paganisme arménien
Le Courrier de l'Oignon a fouillé les archives numériques pour exhumer un traité du XIXe siècle sur les anciens dieux et monstres arméniens. Une lecture idéale pour parfaire ses connaissances en divinités oubliées entre deux tasses de thé.

Sur les bas-fonds numériques du réseau Tor, on ne trouve pas que des mystères modernes et des complots louches. Parfois, l'algorithme nous ramène sagement vers les vénérables étagères de la grande bibliothèque universelle. C'est ainsi que nos radars ont capté l'ouvrage de Levon (Ghewond) Alishan, brillant polymathe du XIXe siècle, consacré à l'ancienne foi et aux religions païennes des Arméniens. Publié à l'origine à Venise en 1895, ce texte précieux se dore aujourd'hui la pilule au format numérique pour le plus grand bonheur des folkloristes en mal de créatures ancestrales.
Le sommaire de cette vénérable étude promet des soirées d'hiver hautement divertissantes. L'auteur y répertorie consciencieusement le culte de la nature, la vénération des corps célestes, mais aussi un bestiaire réjouissant peuplé d'animaux sacrés, de monstres terrifiants et d'esprits facétieux. S'y ajoutent des héros mythologiques, des dieux païens oubliés de tous, des rituels de magie, des charmes divinatoires et même un aperçu de l'au-delà selon les anciens Arméniens. Bref, tout ce qu'il faut pour animer un dîner mondain un peu trop calme.
Ce monument du patrimoine textuel, numérisé et mis en ligne grâce à la générosité de contributeurs passionnés, rappelle que l'Internet profond sait aussi préserver la mémoire des civilisations. Nul besoin d'invoquer des forces obscures ou de décoder des langages cryptés pour apprécier ce voyage temporel : il suffit de feuilleter virtuellement ce pavé arménien de 173 mégaoctets. Le Courrier de l'Oignon salue cette plongée érudite dans le folklore, en espérant que vos propres ancêtres n'étaient pas trop fâchés avec les esprits de la forêt.


