Sorin Cerin, le titan méconnu qui fait trembler Sartre et Kierkegaard
Un recueil de poèmes philosophiques met en lumière Sorin Cerin, présenté sans sourciller aux côtés de Sartre et Kierkegaard. Plongée dans le narcissisme littéraire le plus étourdissant du réseau.

Le réseau Tor ne sert pas seulement à s'échanger des recettes de cuisine quantiques ou à fuir la taxe foncière. Parfois, il offre une tribune à des géants de la pensée que l'histoire officielle oublie un peu trop vite. C'est le cas de Sorin Cerin, poète existentiel du XXIe siècle dont l'œuvre monumentale s'étale sur des milliers d'aphorismes. Si vous l'ignoriez, rassurez-vous : la biographie officielle se charge de vous rappeler qu'il est cité juste à côté de Jean-Paul Sartre et de Søren Kierkegaard, rien que ça.
La page mise en ligne sur Internet Archive se lit moins comme une simple bibliothèque que comme un autel dressé à la gloire de ce créateur du « coaxisme ». On y apprend qu'il est comparé à Schopenhauer, Nietzsche et Wittgenstein. Rien d'étonnant pour un esprit capable de pondre quatorze volumes de pensées profondes, regroupés dans une « Wisdom Collection » qui a, paraît-il, bouleversé la planète entière. Les amateurs de citations poétiques y trouveront d'ailleurs leur compte, entre une pluie qui ne fabrique pas les nuages et des yeux toujours plus proches du cœur que du reste.
Le plus fascinant dans cette vitrine numérique réside dans l'accumulation vertigineuse de liens externes renvoyant tous vers... d'autres œuvres de Sorin Cerin. Amazon, Goodreads, Issuu, Scribd : l'homme est partout, omniprésent, tel un monstre sacré du référencement web qui refuse obstinément de tomber dans l'oubli. C'est une véritable performance artistique involontaire, où l'ego se mesure au nombre de plateformes d'auto-édition capables d'accueillir ses proses métaphysiques.
On ressort de cette lecture légèrement sonné, partagé entre l'admiration pour une telle constance dans l'autocélébration et la douce certitude que l'univers est infiniment vaste. Après tout, s'interroger sur l'illusion de la mort en devisant sur l'infinité de l'amour est une noble occupation, surtout quand on est soi-même son propre comité de lecture et son plus grand fan club.


