Un manifeste anti-JavaScript qui taquine l'onglet de votre navigateur
Bienvenue sur un journal personnel hébergé à l'ancienne, où l'on discute de matériel, de code et de la fin du monde numérique. Si vous avez le malheur de masquer la page, le titre de l'onglet se métamorphose pour afficher des extravagances garanties sans IA.

Dans les catacombes confortables du réseau Tor, on tombe parfois sur des rescapés de l'Internet d'avant, ceux qui n'ont pas encore cédé aux sirènes des interfaces gonflées au glucide publicitaire. Ce journal personnel, orchestré par un esprit visiblement allergique aux scripts superflus, ressemble à s'y méprendre à un blog de l'an 2000. On y feuillette des carnets de bord sur le passage de Neovim à Helix, des réflexions sur l'infrastructure sous-marine ou des théories un tantinet cyniques sur la qualité décroissante des logiciels modernes.
Mais le véritable chef-d'œuvre de cette vitrine réside dans sa philosophie du masquage d'onglet. D'après la FAQ du propriétaire, si vous avez le toupet de basculer vers un autre onglet en laissant la page en arrière-plan, le site se met à afficher les messages les plus incongrus possibles dans la barre de titre. Une astuce diabolique imaginée pour vous dissuader de laisser traîner des scripts actifs lors de diffusions en direct, ou tout simplement pour punir les curieux un peu trop distraits.
L'auteur s'y amuse avec un détachement réjouissant, se décrivant lui-même comme un robot d'après les tests de sécurité ou comme un reclus vivant dans les bois du Montana. Entre deux billets sur les claviers ergonomiques fractionnés et le choix d'un système d'exploitation minimaliste, le ton alterne entre la nostalgie d'un Web artisanal et l'ironie pince-sans-rire face à la grande normalisation algorithmique. Une lecture aussi rafraîchissante qu'un bon vieux fichier de configuration.
Ce journal prouve qu'avec un peu de CSS rudimentaire, un mépris poli pour les géants technologiques et une bonne dose d'autodérision, on peut encore bâtir des recoins captivants. Pas de bannières clignotantes ni de traqueurs invasifs ici, juste l'art subtil de coder pour le plaisir et de taquiner le visiteur jusque dans les métadonnées de son navigateur.

