Un poème macabre d'outre-tombe pour vos soirées audio
Amateurs de potences et de poésie macabre, réjouissez-vous : douze bénévoles intrépides ont enregistré pour vous un texte d'outre-tombe de 1862. Une petite péjorative sonore tout à fait légale repêchée dans les archives labyrinthiques du Net.

Le Courrier de l'Oignon plonge cette semaine dans les tréfonds culturels les plus inattendus du réseau Tor pour vous dénicher une perle de la poésie morbide. Il s'agit d'une page de l'Internet Archive proposant pas moins de douze interprétations audio différentes du poème « The Demon of the Gibbet », écrit par l'auteur irlando-américain Fitz-James O'Brien. Publié initialement au XIXe siècle, ce texte fleure bon le romantisme ténébreux et les nuits sans lune au pied d'une potence.
L'initiative revient aux valeureux bénévoles de la communauté LibriVox, qui s'étaient fixé ce projet poétique bimensuel en février 2013. Pour rappel historique, l'auteur de ces lignes macabres a tristement terminé sa trajectoire terrestre en avril 1862, succombant à des blessures de guerre après s'être vaillamment illustré pendant la guerre de Sécession. Ses écrits fantastiques sont d'ailleurs parfois salués par les spécialistes comme des ancêtres lointains de la science-fiction moderne, ce qui prouve qu'on peut très bien parler de spectres tout en anticipant l'avenir.
La page mise en avant propose donc un festival de voix bénévoles prêtes à vous susurrer des horreurs poétiques dans les écouteurs. Les formats abondent, du bon vieux fichier MP3 au flux Ogg Vorbis, histoire de satisfaire les technophiles nostalgiques comme les promeneurs solitaires en quête d'ambiance gothique. Le tout est placé sous la douce protection d'une licence relevant du domaine public, garantissant une écoute parfaitement exempte de poursuites démoniaques.
Voilà donc une excellente manière de cultiver son amour pour la littérature un brin macabre sans risquer de froisser les autorités ou de pactiser avec des forces occultes douteuses. Rendez-vous dans votre coin sombre favori pour écouter ces douze variations sur le thème du démon pendu, et n'oubliez pas que la culture, même un peu sinistre, reste le meilleur rempart contre l'ennui numérique.


