Une heure de soul rétro sur le réseau Tor grâce à Internet Archive
Un passionné de vinyles partage enfin une heure de pépites soul et funk sur le réseau Tor. Une véritable machine à remonter le temps pour les amateurs de groove vintage.

Le monde merveilleux des oignons numériques cache parfois des surprises pour le moins mélodieuses. Loin des spéculations géopolitiques et des forums interlopes, certains explorateurs tombent nez à nez avec des trésors dignes du siècle dernier. C'est le cas de cette trouvaille musicale repérée sur les miroirs d'archives, où l'on découvre un mix d'une heure tout droit sorti des années fastes de la soul et du funk, orchestré par un certain Radio FREE Crockett.
Dans sa grande mansuétude, l'auteur explique qu'il s'agit de son premier flux depuis qu'il a accidentellement cessé d'en publier, il y a de cela environ un an. Il détaille avec une précision quasi monomaniaque chaque pépite vinyle qui s'enchaîne, évitant soigneusement la simple liste impersonnelle au profit d'anecdotes historiques. On y croise le jeune Little Carl Carlton, la voix en or de Darrell Banks ou encore les harmonies soignées de The Notations.
Le parcours musical s'arrête sur des curiosités bien senties, comme un 45 tours affichant par erreur une vitesse de lecture de 46 tours, ou des instrumentaux minimalistes à l'orgue Hammond signés Toussaint McCall. Loin d'être une simple playlist anonyme, l'exercice respire l'amour transi pour le groove, le vinyle craquelé et les faces B oubliées des labels d'époque. Une belle preuve que le dark web sait aussi balancer des mesures de contrebasse.
Pour les curieux en quête de déhanchements discrets ou de culture musicale poussiéreuse, cette archive hébergée en toute légalité offre une parenthèse rafraîchissante. Il n'en fallait pas moins pour rappeler que sous ses airs austères, le réseau Tor abrite parfois de formidables discothécaires improvisés qui ne demandent qu'à partager leur passion pour les cuivres et les lignes de basse.
Ce voyage sonore d'une heure se savoure sans modération, rappelant qu'un bon vieux morceau de Chicago soul a le don de réchauffer n'importe quel protocole de routage en oignon. Une trouvaille hautement recommandable pour tous ceux dont le cœur balance entre le chiffrement PGP et les rythmiques syncopées des années 60.


