Une lecture de chevet de 1907 pour insomniaques érudits
Le Courrier de l'Oignon a fouillé les archives pour dénicher un pavé archéologique de 1907. Préparez vos lunettes pour 514 pages de bonheur épigraphique.

Si vous pensiez que le réseau Tor ne servait qu'à échanger des recettes de cuisine quantique ou à fuir votre belle-famille, détrompez-vous. Nos pérégrinations numériques nous ont menés tout droit vers un monument de la littérature subversive : le volume 9 des « Epigraphia Indica », publié en 1907 sous la direction de Sten Konow et E. Hultzsch. Oui, tremblez manants, le grand frisson de l'archéologie coloniale britannique s'invite dans votre navigateur sécurisé.
Heureusement hébergée sur une célèbre plateforme d'archives, cette brique textuelle de 514 pages pèse tout de même 1,4 gigaoctet de pur savoir impénétrable. Entre deux scans de mauvaise qualité et des métadonnées plus touffues qu'une jungle tropicale, le lecteur moderne pourra admirer toute la splendeur de la numérisation patrimoniale brute. On y parle de géographie, d'histoire et de relevés épigraphiques avec cet enthousiasme bureaucratique propre au début du vingtième siècle.
La source, d'une honnêteté désarmante, nous indique que l'ouvrage provient à l'origine de la Digital Library of India et du Ramkrishna Mission Institute Of Culture de Calcutta. Autant dire que le frisson de l'exotisme institutionnel est garanti depuis votre canapé en pyjama. Les amateurs de lecture légère avant de dormir trouveront sans doute un substitut idéal à l'annuaire de téléphone de Creuse.
Inutile de chercher ici des révélations sur les extraterrestres ou le code de la Joconde : il s'agit simplement d'un magnifique morceau d'histoire littéraire et scientifique offert au public. Le Courrier de l'Oignon salue cette formidable machine à voyager dans le temps, parfaite pour caler un meuble bancal ou parfaire sa collection de PDF que personne ne lira jamais en entier. Ne me remerciez pas, c'est cadeau.


