BTC.Cart : le panier d’achat du dark web, maintenant en Bitcoin
Un site propose des logiciels de e-commerce dédiés au dark web, avec un panier d'achat, un système de paiement Bitcoin et des outils de chat, tous présentés comme simples et prêts à l'emploi.

Dans les couloirs numériques du Tor, où l'anonymat est monnaie d'échange, il existe un petit coin de « Dark Web Solutions » qui ressemble étrangement à un magasin d'outils pour marchands virtuels. Ici, on ne vend pas de marchandises physiques, mais des logiciels conçus pour faciliter le commerce en ligne dans l'ombre. BTC.Cart, le panier d'achat star du site, se présente comme une solution simple, rapide et multilingue, compatible avec Bitcoin et reposant sur des fichiers plats — une architecture qui, selon ses créateurs, évite les complexités des bases de données traditionnelles. Le site insiste sur la simplicité : il suffit de décompresser le logiciel sur son serveur, et c'est parti. Aucune configuration compliquée, aucun dépendance tierne. Juste un outil pour vendre, sans poser de questions.
À côté de BTC.Cart, on trouve BTC.Pay, un système de paiement autonome en Bitcoin, conçu pour s'intégrer à n'importe quel site existant. Le site le décrit comme un « gateway » indépendant, sans intermédiaire, idéal pour ceux qui veulent recevoir des paiements sans passer par des plateformes centralisées. Le bundle BTC.Bundle, à 65 dollars, combine les deux pour une expérience complète. Le site ne cache pas son public : il s'adresse explicitement à ceux qui souhaitent « monter une boutique sur le dark web ». Pourtant, le ton reste technique, presque académique, comme un manuel d'instructions pour un atelier numérique.
Outre les outils de vente, le site propose aussi DWS.vChat, un chat visuel permettant de guider les clients sur un site en pointant du doigt les éléments à l'écran — une fonctionnalité présentée comme un outil de conversion, pour « augmenter les ventes ». Enfin, DWS.CounterService et DWS.httpServer, gratuits, permettent de compter les visiteurs sans dévoiler l'IP (un défi majeur sur Tor) et d'héberger un serveur web portable sous Windows, avec PHP et Tor déjà inclus. Le site affiche d'ailleurs un compteur de visiteurs, montrant des chiffres impressionnants : plus de 600 000 visites cette année, un pic à 3 322 le 14 octobre 2021.
Malgré l'usage répété du terme « dark web », le site ne propose aucun produit illégal, ni de services douteux. Il vend des outils logiciels, certes destinés à un environnement spécifique, mais dont la légalité dépend de leur utilisation. C'est un peu comme vendre des serrures : utile pour protéger, mais aussi pour déjouer. Le site est étonnamment professionnel, avec une charte graphique sobre, des descriptions claires, et même un panier d'achat classique. On y retrouve l'esprit du début d'Internet : simple, fonctionnel, un peu naïf. Peut-être que ce n'est pas un hasard : le dark web, dans son aspect le plus technique, reste un reflet du Web 1.0 — où l'on vend des outils, pas des illusions.


