Le grimoire de grand-maman victorienne : sorcellerie sous corset
Le Courrier de l'Oignon a trouvé une anthologie de sorcellerie victorienne de 1971, idéale pour frissonner avec un sachet de thé. Une trouvaille à savourer strictement entre deux tasses de Earl Grey.

On ne plaisante pas avec le paranormal au XIXe siècle, surtout lorsqu'il est question de sorcières britanniques bien peignées. Entre deux leçons de maintien et l'heure du thé, nos chers ancêtres victoriens trouvaient visiblement le temps de tremper leur plume dans le chaudron. C'est du moins ce que nous apprend un ouvrage exhumé des profondeurs d'Internet, joliment intitulé « A circle of witches », publié à l'origine en 1971 et rassemblant des récits d'époque.
La table des matières ressemble à un inventaire à la Prévert des pires angoisses de la bonne société. On y croise des sorcières d'Angleterre, d'Écosse, mais aussi des contes irlandais ou gallois signés par diverses plumes de l'époque, comme Lady Wilde ou Mrs. E. L. Linton. Le tout fleure bon la naphtaline, le grimoire poussiéreux et le pavé londonien embrumé. Apparemment, rien ne valait une bonne possession démoniaque ou un spectre maternel pour animer les soirées d'hiver au coin du feu.
Ce catalogue textuel nous prouve avec beaucoup de sérieux que la magie noire locale s'accommodait fort bien des bonnes manières. Les titres des nouvelles, de « The witch of the marsh » au mystérieux « Devil stone », promettent des frissons d'une exquise modération. Le Courrier de l'Oignon salue cette charmante incursion dans le folklore occulte d'antan, où la terreur gothique n'oubliait jamais d'être très polie.


