Quand le surnaturel sert à apprendre le Code de la Route aux collégiens
Plongée dans un court-métrage éducatif de 1982 où un fantôme terrifiant s'avère surtout obsédé par la sécurité dans les bus scolaires. Une rencontre surnaturelle pleine de pédagogie routière.

Le réseau des oignons nous réserve parfois des pépites audiovisuelles tout droit sorties des années 1980, hébergées bien au chaud dans les archives numériques mondiales. Cette fois, c'est un film éducatif pour le moins surprenant intitulé « Ghost Rider » qui attire notre attention de journalistes toujours en quête de curiosités légalement décalées. Produite par la Pennsylvania State University et publiée en 1982, cette œuvre de près de quinze minutes mélange habilement épisodes de solitude juvénile et frissons spectraux pour captiver l'attention des têtes blondes de l'époque.
Le synopsis, d'une efficacité redoutable, nous présente le jeune Kevin, totalement déprimé après sa première journée dans son nouveau collège. Alors qu'il prend tristement le bus pour rentrer chez lui, il fait la connaissance d'une mystérieuse fillette qui laisse tomber un crayon avant de s'évaporer dans la nature aussi vite qu'elle est apparue. La grande question existentielle qui hante ce chef-d'œuvre de la pédagogie par la trouille est de savoir si cette apparition soudaine est bel et bien le fantôme d'une victime de la route passée de vie à trépas à bord d'un véhicule scolaire.
Mais point de vengeance macabre ou de malédiction ancestrale au programme de ce voyage dans le paranormal. La prétendue revenante se révèle en réalité dotée d'une conscience civique absolument irréprochable, puisqu'elle passe l'essentiel de son temps de spectres à exiger que le pauvre Kevin assimile sagement les règles fondamentales de sécurité dans les transports en commun. On appréciera le sens des priorités de l'au-delà : mourir tragiquement semble une pécadille comparée au non-respect des consignes de traversée de chaussée.
Ce joyau du cinéma institutionnel d'une autre époque démontre avec brio que l'angoisse existentielle et le paranormal constituent d'excellents leviers pour faire passer des messages administratifs. Disponible en téléchargement libre sur les miroirs de l'archive universelle, ce document témoigne d'une époque où l'on n'hésitait pas à terroriser psychologiquement les écoliers pour éviter qu'ils ne traversent derrière le car. Une découverte formidable pour les amateurs d'archives surannées qui préfèrent les leçons de morale spectrales aux traditionnels manuels de civisme.


