Quand un ingénieur logiciel débarque dans la Genèse avec une loupe
Un ingénieur californien a décidé de décortiquer les textes sacrés en hébreu ancien avec la minutie d'un développeur cherchant un bug dans son code. Une plongée biblique monumentale et curieuse repérée dans les archives.

Sur le réseau Tor comme ailleurs, les grandes quêtes spirituelles croisent parfois des profils inattendus. C'est le cas d'Arthur Milliken, un ingénieur logiciel résidant en Californie qui a décidé d'appliquer la rigueur de sa profession à l'étude des Écritures. Armé d'une curiosité visiblement intarissable et de quelques notions de kabbale ainsi que d'alphabet hébreu, l'homme s'est lancé dans une lecture méthodique des premiers textes bibliques dans leur langue originale. Le résultat de cette obsession textuelle se retrouve consigné dans une volumineuse archive en ligne intitulée « Bible Curious », documentant sa tentative de comprendre qui a écrit ces livres et pourquoi.
Loin des sermons convenus, l'auteur aborde le sujet avec une logique presque martienne. S'imaginant en visiteur extraterrestre débarquant sur Terre pour jouer au jeu du « emmenez-moi chez votre chef », il constate rapidement que les deux milliards et demi de chrétiens et musulmans de la planète partagent peu ou prou le même socle textuel. Ne pas l'étudier reviendrait selon lui à écarter les fondements mêmes de la civilisation occidentale. S'ensuit une série d'enregistrements audio aux titres évocateurs, allant de l'arche de Noé au Sermon sur la montagne, en passant par de longues méditations sur la Genèse.
Les auditeurs de ces archives peuvent ainsi naviguer à travers des heures de pistes sonores aux formats généreux, disséquant chaque détail des commandements cosmiques ou du péché originel. C'est à la fois une performance d'endurance auditive et une curiosité anthropologique fascinante, où l'exégèse religieuse rencontre l'approche analytique d'un technicien face à un vieux manuel d'utilisation indéchiffrable. Une archive certes monumentale, mais qui prouve qu'avec suffisamment de temps libre, n'importe quel code source de l'humanité peut finir par être passé au crible.


