Un fantôme victorien très convenable débarque sur les miroirs de l'anonymat
Quand les recoins obscurs du réseau Tor croisent le chemin d'un mélodrame victorien hanté, c'est l'heure de repasser son costume d'époque. James Mason y campe un rôle de composition dans une atmosphère tout en retenue.

Le Courrier de l'Oignon ne recule devant aucune investigation pour dénicher les pépites les plus inattendues du réseau Tor. C'est ainsi que nos limiers numériques, luttant vaillamment contre la fatigue oculaire et les scripts récalcitrants, sont tombés sur une authentique archive dédiée au cinéma fantastique d'autrefois. Oubliez les frissons sanguinolents et les sursauts bon marché : nous voguons ici en pleine distinction victorienne avec le long-métrage de 1945 intitulé A Place of One's Own.
Point de créatures difformes ni de malédictions de bas étage dans cette adaptation d'un roman d'Osbert Sitwell, mais plutôt une intrigue tout en nuances où le surnaturel fait preuve d'un savoir-vivre irréprochable. La source nous vend d'ailleurs le programme avec un pragmatisme désarmant, qualifiant l'œuvre de « romance victorienne pleine de suspense plutôt que terrifiante ». Une promesse de frissons modérés qui plaira aux âmes sensibles ou aux spectateurs fatigués par les effets spéciaux numériques assourdissants.
Le casting réunit des figures incontournables du genre sous la direction de Bernard Knowles, avec en tête d'affiche James Mason et Margaret Lockwood. Les cinéphiles les plus érudits noteront également la présence d'Ernest Thesiger, immortel docteur Pretorius dans La Fiancée de Frankenstein, venu ici s'encanailler dans un manoir hanté britannique. De quoi redonner ses lettres de noblesse à la hantise de salon tout en profitant du confort d'une connexion hautement sécurisée.
Alors que le reste du monde s'entre-déchire sur des sujets futiles, voilà donc une halte culturelle tout à fait recommandable pour amateur de vieilles bobines en noir et blanc. L'archive met à disposition le film complet ainsi que ses options de téléchargement habituelles, prouvant s'il le fallait que le mystère et les bonnes manières font parfois bon ménage au pays des oignons.


