Un serveur web à deux dollars l'an
Quand la micro-informatique rencontre le réseau oignon pour un coût énergétique défiant toute concurrence. Une installation minimaliste scotchée derrière un modem.

Dans les recoins les plus discrets du réseau Tor, certains administrateurs refusent la démesure des serveurs rackables et des factures d'électricité indécentes. C'est le cas de ce projet minimaliste qui expose fièrement ses entrailles techniques : un simple Raspberry Pi Zero W, fixé par un malheureux morceau de velcro adhésif directement à l'arrière d'un modem à fibre optique. L'ensemble ronronne discrètement en consommant à peine l'équivalent de deux dollars d'électricité par an, loin des fournaises habituelles.
La source documente avec une précision chirurgicale cette petite merveille d'ingénierie domestique. Le minuscule processeur à un seul cœur et ses 512 mégaoctets de mémoire vive suffisent largement à faire tourner un système d'exploitation léger, un serveur web NGINX avec support PHP et, bien entendu, le démon Tor. L'auteur a même pris soin de réaliser des tests de stress rigoureux, évaluant la résistance du dispositif face à des vagues de téléchargements et de requêtes en boucle sur le réseau local ou à travers les trois couches de chiffrement habituelles.
Les résultats s'avèrent aussi prévisibles que charmants : si le processeur frôle les cent pour cent d'utilisation et transpire sang et eau sous le poids du chiffrement en oignon, la machine tient bon. Les vitesses s'effondrent logiquement une fois passées la passerelle Tor, mais le site reste accessible, servant de galerie photo miniature et de banc d'essai pour les amateurs de bricolage informatique radical. Une belle démonstration qu'avec un peu de patience et trois composants achetés dix euros, il est encore possible d'héberger ses lubies numériques sans hypothéquer sa maison.


