Faites revivre vos vieux téléphones japonais avec SquirrelJME !
Et si vos toasters et vos antiquités japonaises tournaient enfin sous Java ME 8 ? Une machine virtuelle rétro s'offre une cure de jouvence sur les réseaux cachés.

Il existe des projets informatiques qui forcent le respect par leur stricte démesure, et SquirrelJME se pose là. Ce site présente une machine virtuelle Java ME 8 conçue pour les appareils embarqués, l'Internet des objets et, plus surprenant, la préservation des logiciels pour téléphones mobiles japonais d'époque. L'objectif affiché est d'atteindre une compatibilité de 99,9 % avec le standard Java ME, rien que ça. De quoi réveiller vos vieux Nokia ou vos trésors oubliés de l'ère Keitai avec l'enthousiasme d'un archéologue numérique.
Ce qui distingue cette initiative, c'est sa volonté d'indépendance matérielle totale. Le cœur d'exécution, joliment baptisé NanoCoat, est écrit en C pour permettre à la machine virtuelle de tourner de manière autonome, avec même un frontal libretro pour s'intégrer à des systèmes d'émulation comme RetroArch. Les bibliothèques d'exécution sont quant à elles écrites en pur Java avec une simple couche d'abstraction, évitant ainsi tout code natif spécifique dans les classes. C'est le genre de plomberie logicielle complexe qui fait briller les yeux des passionnés de rétro-ingénierie tout en laissant le grand public perplexe.
Au-delà de la prouesse technique, la page se lit aussi comme un registre mémoriel touchant. Le créateur y dédie son œuvre à des figures disparues de la scène du développement et de l'émulation, rappelant que derrière les lignes de code se cachent souvent des amitiés de longue date passées à décortiquer de vieux systèmes. Entre documentation foisonnante, dépôts de code accessibles via plusieurs miroirs et appels aux dons pour financer l'hébergement et un peu de nourriture, le site respire l'artisanat du Web d'antan, version survivaliste et profondément altruiste.


