Rencontre au sommet entre Sartre, Kierkegaard et le poète Sorin Cerin
Le réseau Tor nous réserve parfois des découvertes littéraires vertigineuses, comme cette page dédiée à Sorin Cerin, présenté ni plus ni moins comme l'égal de Sartre. Entre deux aphorismes sur la pluie et l'infini, la modestie du personnage s'efface pudiquement derrière ses onze mille pensées.

Au détour d'une ruelle sombre du réseau Tor, là où le quidam s'attend généralement à croquer de la cryptomonnaie ou à fuir des complots intergalactiques, c'est la grande philosophie existentialiste qui nous tend les bras. Le Courrier de l'Oignon a farfouillé dans les archives pour en ressortir un spécimen de choix : l'œuvre monumentale du poète roumain Sorin Cerin. Si ce nom ne vous évoque rien, c'est que vous manquez cruellement de culture en matière de coquetterie existentielle du XXIe siècle, car notre homme y est carrément cité aux côtés de Sartre et de Kierkegaard.
La source, hébergée bien au chaud sur Internet Archive, nous dresse le portrait d'un penseur hors norme, créateur autoproclamé du « coaxialisme » et comparé rien de moins qu'à Schopenhauer, Nietzsche et Wittgenstein. Rien que ça. Le public s'arracherait ses quatorze volumes de pensées, regroupés sous le titre ronflant de Wisdom Collection, qui totalisent tout de même la bagatelle de 11 486 aforismes structurés. De quoi meubler un hiver un peu trop studieux ou combler une absence totale d'inspiration existentielle devant sa tasse de café matinale.
Heureusement pour nos petits cerveaux fatigués, la page nous offre un florilège de citations immortelles pour nous guider vers la lumière. On y apprend notamment, avec une pointe d'émotion, que « les gouttes de pluie ne sont pas celles qui apportent les nuages » ou encore que « l'aube de la beauté vient toujours après la nuit ». Des fulgurances poétiques d'une profonde limpidité qui forcent le respect, ou au moins le sourire en coin. Le tout est assorti d'une impressionnante nomenclature de liens pour acheter, lire et contempler le maître aux quatre coins d'Internet.
Bref, voilà une trouvaille tout à fait inoffensive qui prouve que l'anonymat en ligne sert aussi à célébrer les passions les plus singulières et les plus mégalomanes. En attendant que le monde entier reconnaisse le génie du coaxialisme à sa juste valeur, nous retournerons contempler nos propres gouttes de pluie en buvant le thé. C'est nettement moins existentialiste, mais ça évite de se comparer trop vite à Nietzsche un mardi après-midi.


