Sherlock Holmes au secours de la couronne : quand un roi mort remplit les caisses
Découvrez comment un monarque défunt a transformé Sir Arthur Conan Doyle en auteur express de théâtre. Heureusement, le détective le plus célèbre du monde veillait.

Le réseau Tor regorge parfois de trésors littéraires qui fleurent bon le dix-neuvième siècle et les urgences financières. Une récente promenade numérique nous a menés vers une archive audio de la plateforme LibriVox, hébergée par Internet Archive, proposant l'écoute de la pièce « The Speckled Band: An Adventure of Sherlock Holmes ». Derrière ce titre à rallonge se cache une fascinante anecdote de panique théâtrale bien décidée à réveiller notre curiosité.
En mai 1910, le pauvre Arthur Conan Doyle se retrouve dans une sacrée impasse. Sa précédente pièce, inspirée du roman de boxe « Rodney Stone », fait les frais d'un contrecoup royal inattendu. Suite au décès du roi Édouard VII, de nombreux théâtres du West End ferment leurs portes pendant un mois entier. Ayant loué le théâtre de l'Adelphi à ses propres frais, l'écrivain voit sa trésorerie fondre comme neige au soleil et a désespérément besoin d'un nouveau produit d'appel pour la réouverture des lieux.
Ni une ni deux, l'inventeur de Baker Street rédige en une petite semaine une adaptation théâtrale de sa propre nouvelle parue en 1892. Une performance chronométrique motivée par la pure peur de la banqueroute. Le succès fut immédiat dès la réouverture du théâtre au début du mois de juin, s'offrant une série de 169 représentations avant de partir en tournée européenne et américaine. Une belle leçon de pragmatisme artistique prouvant que même les plus grands maîtres du mystère ont parfois besoin d'un bon coup de fouet royal pour boucler leurs fins de mois.


